Le 11 décembre 2025, Hydro-Québec a confirmé le lancement, au printemps 2026, d’un nouvel appel d’offres pour l’acquisition d’énergie éolienne, dans le cadre de sa stratégie visant à accroître rapidement la capacité de production d’électricité renouvelable au Québec.

Cet appel d’offres éolien s’inscrit dans la continuité du premier appel d’offres éolien lancé par Hydro-Québec en 2024, mis en œuvre dans le cadre de son Plan d’action 2035, lequel prévoit l’ajout de plus de 10 000 MW de capacité éolienne d’ici 2035, afin de répondre à la croissance soutenue de la demande en électricité liée à l’électrification de l’économie québécoise. L’ajout de 10 000 MW permettra à Hydro-Québec de tripler sa capacité de production éolienne d’ici 2035, laquelle est actuellement d’environ 4 000 MW.

Portée et calendrier de l’appel d’offres

L’appel d’offres A/O 2026-01 sera officiellement lancé au printemps 2026, et suivra les étapes suivantes :

  • la publication de la documentation préliminaire et la période de consultation publique;
  • des conférences préparatoires et techniques prévues au début d’avril 2026;
  • l’ouverture de la période d’inscription à l’appel d’offres en avril 2026;
  • le dépôt des frais d’analyse des soumissions en juin 2026.

Les projets retenus devront être mis en service selon un échéancier échelonné entre 2031 et 2038 en fonction de la ronde d’attribution visée, l’appel d’offres prévoyant jusqu’à trois rondes d’attribution. Cet échéancier offre aux promoteurs un horizon de développement étendu pour la structuration, le financement, l’acceptabilité sociale et l’obtention des autorisations requises. Ces projets, qui se distinguent des projets éoliens de très grande envergure pour lesquels Hydro-Québec agit comme maître d’œuvre, seront de plus petite ampleur et développés en partenariat avec les collectivités locales.

Critères clés d’évaluation

Lors de l’évaluation des projets, une importance accrue sera accordée au contenu québécois et aux retombées économiques locales. L’acceptabilité sociale demeurera un critère déterminant : seuls les projets bénéficiant d’un appui municipal clair, et idéalement développés en partenariat avec les municipalités et les Premières Nations, pourront être retenus. Il est clair que la consultation publique en amont sera une étape décisive avant la soumission des offres, avec les coûts de soumission qui en découlent. Or, nous observons une résistance croissante dans les milieux touchés par des projets de parcs éoliens. Depuis deux ans, les dossiers qui passent sous la loupe du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) font face à des enjeux d’acceptabilité à divers degrés, et à une demande accrue de développer une méthodologie pour prendre en compte les effets cumulatifs des projets éoliens. Cette dynamique expose ainsi les soumissionnaires aux aléas d’un débat public national sur la place qu’occupe la filière éolienne dans le portefeuille énergétique du Québec, débat dont aucun soumissionnaire ne peut anticiper les répercussions sur les coûts ou les délais de réalisation de son projet.

Pour discuter de ce processus d’appel d’offres ou de tout autre aspect de l’industrie de l’énergie au Québec, nous vous invitons à communiquer avec les auteurs du présent article.