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Publié16 septembre 2026Relation Canada–Royaume-Uni :
une nouvelle ère pour
ce partenariat historique
Haut-commissaire britannique
au Canada, Rob Tinline
Peu de partenariats internationaux sont aussi solides, durables et importants pour le Canada sur le plan commercial que celui qu’il entretient avec le Royaume-Uni. La relation entre ces deux pays tire ses origines de leur histoire commune, des traditions juridiques qu’ils partagent et de leurs liens économiques. Elle continue d’évoluer en fonction des facteurs qui déterminent la compétitivité industrielle et technologique d’aujourd’hui.
Dans cette capsule du Forum international des diplomates, Todd Burke, membre du conseil de direction international de Gowling WLG, s’entretient avec le Haut-commissaire britannique Rob Tinline à propos des occasions d’affaires potentielles dans divers secteurs prioritaires : l’informatique quantique, la construction navale et l’énergie nucléaire. Dans le cadre de la discussion, il est notamment question du positionnement du Royaume-Uni en tant que marché d’intérêt stable pour les entreprises canadiennes cherchant à poursuivre leur croissance à l’étranger, un marché caractérisé par des échanges commerciaux de marchandises sans tarif, qui bénéficie également d’un vaste bassin de talents. La conversation porte aussi sur la façon dont les deux pays travaillent ensemble pour stimuler le commerce, favoriser l’innovation et éliminer les obstacles susceptibles de freiner une pleine collaboration.
Rob Tinline : Merci de me recevoir, c’est un plaisir d’être au Canada.
Todd Burke : Depuis le Brexit, le R.-U. développe des relations économiques dans le monde. Quel rôle joue le Canada dans cette dynamique?
Rob Tinline : C’est un pays avec lequel nous avons des liens historiques. Nous faisons partie du Commonwealth et de l’OTAN. Nous avons des valeurs communes, une certaine synergie et complémentarité. Le Canada continuera d’être au cœur de notre développement économique. Il s’inscrit dans notre stratégie commerciale, publiée l’an dernier, comme partenaire de choix. Ceci ne surprend sans doute personne.
Todd Burke : Le Canada et le R.-U. intensifient leur coopération en matière de technologies quantiques, d’IA et d’infrastructures numériques. Quelle importance ces partenariats ont-ils pour l’avenir de ces pays?
Rob Tinline : Les technologies émergentes vont faire croître toutes les économies au cours des dix prochaines années. L’un des forces de notre partenariat réside dans les liens entre nos universités et instituts de recherche. Une fantastique coopération technologique s’instaure dans les domaines de l’informatique quantique, de l’IA et des sciences de la vie. Nos gouvernements et organismes de financement soutiennent cette coopération en matière d’innovation et de technologie, ce qui intensifiera nos relations commerciales et les investissements.
Todd Burke : En mars cette année, les Premiers ministres du Canada et du R.-U. se sont engagés à renforcer leur coopération mutuelle en défense. Quels sont les impacts de ceci pour les sociétés de ce secteur au Canada ?
Rob Tinline : Une partie de cette coopération se fait entre forces armées. Des dirigeants britanniques font partie des forces armées canadiennes, tandis que des dirigeants canadiens sont dans les forces armées du R.-U. Il existe une solide coopération de ce côté-là. Sur le plan commercial, nos 2 pays, et l’OTAN, dépensent beaucoup en défense. Nous augmentons tous ces dépenses et nos capacités. L’industrie doit se mobiliser pour atteindre cet objectif. Prenons l’exemple d’Halifax. Le Canada construit de nouveaux contre-torpilleurs et le chantier naval Irving s’agrandit en conséquence. Cela crée des emplois, de nouvelles compétences pour les travailleurs canadiens, et de nouvelles capacités pour les forces armées canadiennes. Ces capacités seront disponibles plus rapidement et à moindre coût, car elles s’appuient sur notre expérience en construction navale pour la Royal Navy. BAE et Rolls-Royce sont impliqués dans la conception et la livraison de ce navire à Halifax. À mesure que l’approvisionnement s’intensifie et que nous déterminons comment outiller nos forces armées, cette coopération s’intensifiera. Quand on souhaite de l’équipement militaire pour nos armées, on se met au diapason. Nous discutons beaucoup de défense avec les sociétés, et avec les forces canadiennes, pour trouver des projets communs.
Todd Burke : Parlons de sécurité économique, d’énergie et de chaînes d’approvisionnement. En quoi des partenaires comme le Canada sont importants pour le R.-U., alors que ce pays cherche à renforcer sa propre sécurité énergétique et compétitivité industrielle ?
Rob Tinline : Le Canada est un partenaire très important. L’industrie nucléaire est un exemple de sécurité énergétique. Le nucléaire connaît une renaissance sur le plan de l’innovation technologique, avec les réacteurs modulaires avancés, les plus petits, et sur le plan de l’investissement. Nous investissons davantage dans le nucléaire, ainsi que le Canada et d’autres pays engagés dans ce secteur aussi. Si l’on examine les industries nucléaires, il existe des éléments concurrentiels, mais aussi complémentaires. Divers accords ont été conclus l’an dernier, entourant la recherche et les combustibles. Le nucléaire est un domaine où nos relations sont excellentes, et il existe un réel potentiel de croissance alors que nous souhaitons faire avancer ce programme de sécurité énergétique impliquant davantage le R.-U. et le Canada.
Todd Burke : Quels sont les obstacles, du côté canadien ou britannique, qui pourraient être éliminés pour renforcer les relations commerciales ?
Rob Tinline : L’une des avancées de l’an dernier vise les architectes. Les organismes de réglementation de ces professionnels dans les 2 pays ont examiné les modalités d’agrément des architectes, et se sont accorder sur une façon nettement allégée et accélérée de leur permettre d’exercer dans les 2 pays. La suppression d’obstacles pour permettre à des professionnels de travailler dans un pays ou l’autre est une démarche que nous souhaitons appliquer plus largement. D’ailleurs, si l’on examine nos accords commerciaux, 99 % des exportations de biens sont exemptes de droits de douane. Les avancées les plus significatives sont dans le secteur des services. L’autre domaine est celui des services bancaires axés sur le consommateur. Le Canada examine comment s’orienter vers ce type d’innovation financière. Ce serait un atout pour nous, pour le secteur des services financiers et de la technologie au service de ce secteur.
Todd Burke : Le Canada encourage ses entreprises à se diversifier. Quel intérêt auraient les entreprises canadiennes à envisager le R.-U.?
Rob Tinline : C’est un pays formidable! En matière de commerce, la quasi-totalité de nos échanges sont exempts de droits de douane. Le commerce entre nos pays est simple. Plus généralement, la force du R.-U. réside dans notre stabilité réglementaire, la solidité de l’État de droit, et le dynamisme de nos secteurs des services financiers, professionnels et technologiques. Nous avons aussi de la main-d’œuvre compétente, un atout précieux pour les entreprises canadiennes.
Si mon équipe et moi-même sommes ici, c’est pour développer cette dynamique, établir des liens entre entreprises britanniques et canadiennes, et trouver des opportunités pour les entreprises.
Todd Burke: Monsieur le Haut-Commissaire, merci de votre temps et de vos analyses.
Rob Tinline : Merci. Ce fut un plaisir.
À propos du Forum international des diplomates
Le Forum international des diplomates de Gowling WLG est une série consacrée au leadership éclairé qui propose des entretiens individuels avec de hauts responsables diplomatiques issus de pays partenaires internationaux d’importance stratégique pour le Canada. Dans le cadre de ces entretiens, il est question des relations, des tendances et des débouchés qui façonnent le commerce international, et le tout est abordé sous l’angle des différentes façons dont les pays et les entreprises peuvent s’accorder pour accroître les investissements, l’innovation et la collaboration.
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